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    samedi 4 octobre 2014

    Premier tournant oriental : les Black Muslims


    Organisation religieuse des États-Unis, regroupant surtout des Noirs tournant le dos à la tradition judéo-chrétienne et à leur état civil états-unien, et se réclamant de l’islam. Ces « Musulmans Noirs » prônent le séparatisme racial : ils refusent tout contact avec les Blancs. Beaucoup de Noirs américains y virent un moyen de tourner la ségrégation.


    « Déjà rejetée dans une marginalité évidente, la communauté “bop” allait accomplir un pas de plus vers l’isolement. Pour se démarquer aussi bien des Blancs que de la bourgeoisie noire assoiffée de respectabilité, nombre de ses membres se convertirent à l’Islam. Edmund Gregory devint Sahib Shihab ; Argonne Thornton, Sadik Hakim ; Leonard Graham, Idrees Sulieman. Temporairement ou occasionnellement, Art Blakey signa Abdullah Ibn Buhaina ; Kenny Clarke, Liaquat Al-Salaam. Charlie Parker – d’après l’un de ses amis – reçut le nom de Saluda Hakim. »

    TERCINET Alain, Bebop, Paris : P.O.L., 1991, p. 134.



    Monk resta à l’écart de ces noms musulmans : « Quant à changer mon nom, il est déjà assez épouvantable comme ça. »

    WILMER Valérie, « Monk on Monk » (entretient avec Monk),
    in Down Beat, 3 juin 1965, p. 22.



    « Pour des motivations sociales et religieuses, un grand nombre de musiciens de jazz se sont effectivement tournés vers l’islamisme depuis les années 1940 […]. Quand tous ces gens-là ont su par exemple qu’Indrees Sulieman, qui venait de se faire musulman, pouvait se permettre d’entrer dans les restaurants réservés aux Blancs et ramener des sandwiches aux autres parce que lui n’était plus “noir” – malgré sa teinte de cheminée mal ramonée –, ils se mirent à se convertir par fournées.

    « Les musiciens commencèrent à inscrire sur leur carte d’identité la lettre W pour white (blanc). Kenny Clarke me montra la sienne en me disant : “Regarde ça, négro, je ne suis pas noir, je suis blanc”. Il avait adopté le nom arabe Liaqat Ali Salaam. Un autre type […], Oliver Mesheux, eut une altercation sur le sujet dans le Delaware. Il était entré dans un restaurant où on lui dit qu’on ne servait pas les Noirs, et il répliqua aussitôt : “Je vous comprends, mais voyez-vous je n’en suis pas un, je m’appelle Mustafa Dalil”. Après quoi, on le laissa tranquille et le patron l’accueillit même avec une formule de politesse. »

    GILLESPIE Dizzy et FRASER Al, op. cit., p. 271.
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    Item Reviewed: Premier tournant oriental : les Black Muslims Rating: 5 Reviewed By: nicolas martello
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