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    jeudi 24 janvier 2013

    Corelli - Sonate n°12, opus 5, La Folia (1)



    Cette sonate est la dernière de son opus 5, composé à Rome en 1700 pour la princesse Sophie-Charlotte, électrice de Brandebourg, soit 13 ans avant la mort du compositeur. Ce recueil comprend six sonates d’église en 5 mouvements et 5 sonates de chambre en 4 mouvements.

    -> Ecoutes : Sonata da chiesa opus 5 n°6 :


    Sonata da camera opus 5 n°8 :



    Chacune des sonates dure en totalité 10 minutes et alterne des mouvements lents et rapides. On remarque que les mouvements de la sonata da camera font souvent référence à des danses baroques (sarabande, gigue...) alors que ceux de la sonata da chiesa sont souvent plus solennels (on y entend des mouvements fugués).
    A la différence des sonates des autres opus, la sonate opus 5 est écrite pour un seul violon et non deux.
    La dernière sonate n°12 intitulée « La Folia » est particulière car il n’y a pas des mouvements mais un thème suivi de 23 variations.


    1°) Thème La Follia

    Danse portugaise attestée au XVè siècle, associée aux fêtes et cérémonies de la fécondité. On associe (ou confond ?) cette danse avec une forme musicale espagnole plus tardive aussi nommée folia. Celle-ci est employé par les compositeurs espagnols dès la fin du XIVè siècle (1494).
    La Folia, également appelée Follia (en italien) ou Folies d’Espagne, est l’un des plus anciens thèmes musicaux européens, basé sur un motif qui se répète en se modifiant. Plus qu’un thème mélodique, il s’agit d’une succession d’accords et de basses.
    => Accords : Ré m / La(7) / Ré m / Do / Fa / Do / Ré m - La(7) / Ré m

    Les basses tournant toujours autour des mêmes degrés, on parle d’une basse obstinée. 



    => Ligne mélodique dans sa version la plus simple (2 x 8 mesures) :


    La Folia est constituée de deux phrases de huit mesures : une phrase ouverte, se terminant par une demi-cadence (un repos sur la dominante) et une phrase fermée se terminant par une cadence parfaite.


    Les caractéristiques de ce thème :
    — il est simple (il a une carrure binaire 2 x 4 mesures en antécédent et conséquent)
    — il est teinté de mélancolie (il est dans la tonalité de ré mineur ; utilisation du mineur mélodique : dans l’accompagnement, on utilise des do bécarres et des si bécarres)
    — il est dansant (écrit dans une mesure à 3 temps mais dans un tempo modéré)

    => A l’origine, la Follia se jouait sur un tempo rapide, mais au cours du XVIIème siècle, le tempo s’est assagi pour devenir presque lent. Cela lui confère un caractère majestueux et solennel. La Follia s’apparente alors à la passacaille ou la chaconne qui sont aussi des danses nobles à 3 temps au caractère majestueux et sur une basse obstinée. Elle se rapproche aussi de la sarabande par son rythme, avec un accent sur le deuxième temps dans les mesures impaires et sur le 1er et le 3è dans les mesures paires.



    -> Ecoute : BACH, chaconne pour violon seul





    2°) Histoire de la Follia

    — La Follia a vraisemblablement une origine populaire : les premières mentions de ce terme, à la fin du XVème siècle au Portugal, sont essentiellement chorégraphiques. C’est une danse bruyante, accompagnée d’instruments traditionnels (tambourins, entre autres), d’un tempo si rapide que les danseurs semblent perdre la raison (d’où son nom).

    -> Ecoute : Folia de Rodrigo MARTINEZ (1490)



    Au XVIème siècle : en 1546 apparaît la première oeuvre musicale imprimée où l’on a pu trouver ce titre (Tres libros de musica en cifras para vihuela, de Alonso Mudarra) : il s’agit alors et dorénavant de musique savante. C’est à cette époque qu’elle devient matière à variations instrumentales.



    Au XVIIème siècle et 1ère partie du XVIIIème siècle : La Follia s’exporte dans toute l’Europe, en Italie, en France, en Angleterre, en Allemagne... C’est très à la mode. Compositeurs ayant écrit des Follias : d’ANGLEBERT, LULLY, Marin MARAIS, VIVALDI, PERGOLESE, D. SCARLATTI, J.S. BACH...

    -> Ecoute : LULLY, Les folies d’Espagne (1672)



    A l’époque classique et romantique, l’engouement pour la Follia retombe quelque peu. On en trouve cependant des exemples chez CHERUBINI, C.P.E. BACH et A. SALIERI à l’époque classique et à l’époque romantique chez N. PAGANINI et chez LISZT dans sa Rhapsodie Espagnole.

    -> Ecoutes : SALIERI, Variazioni sull’ aria La follia di spagna (extrait) 1815 :



    LISZT, Rhapsodie Espagnole (extrait) 1863 :



    A l’époque moderne, ce genre continue d’intéresser les compositeurs notamment RACHMANINOV, Manuel Maria PONCE, Joaquin RODRIGO ou VANGELIS en musique de film.

    -> Ecoutes : RACHMANINOV, Variations sur un thème de Corelli (1931)



    VANGELIS, Conquest of paradise, musique de film Christoph COLOMB, 1492 (extrait), 1992




    3°) L’instrumentation

    Au début de la partition est noté « a violino solo e violone o cimbalo ». Traduction : « pour violon solo et violoncelle ou clavecin ».
    NB : le violone dans les sonates de Corelli correspond au violoncelle). La partie de clavecin n’apparaît pas sur la partition, c’est l’instrumentiste qui la réalise en suivant Chiffrages indiqués.

    La Follia est généralement interprétée par un violon solo accompagné de la basse continue (violoncelle ou viole de gambe + clavecin ). Le violoncelle peut être remplacé par une contrebasse ou un basson. On peut aussi ajouter un théorbe en plus ou à la place du clavecin.
    Il existe des transcriptions pour de très nombreux instruments.

    -> Ecoute : pour flûte à bec et basse continue

    Le fait de n’utiliser qu’un violon et non deux permet au compositeur d’écrire une très belle partie au soliste qui à travers les 23 variations peut montrer toute sa virtuosité et les ressources de son instrument.


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    Item Reviewed: Corelli - Sonate n°12, opus 5, La Folia (1) Rating: 5 Reviewed By: nicolas martello
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