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    samedi 24 septembre 2011

    Dalbavie - Color - Analyse


    C’est une oeuvre pour grand orchestre
    Date de composition : 2001
    
Durée : 22 minutes
    
Editeur : Billaudot

    — commande de l’orchestre de Paris crée au Carnegie Hall de New York, le 30 janvier 2002
    — sous la direction de Christoph Eschenbach a qui est dédiée l’œuvre
    — C’est une oeuvre de grande envergure (une véritable « cathédrale sonore »), qui après écoute semble séduisante, agréable et qui a un aspect "lisible".
    Une impression de chute globale s’en dégage assez nettement.




    INSTRUMENTATION


    — 3 flûtes, 2 hautbois, 1 cor anglais, 3 clarinettes, 2 bassons, 1 contrebasson
    — 4 cors, 3 trompettes, 2 trombones ténor, 1 trombone basse, 1 tuba
    — 3 percussionnistes, 4 timbales
    — 1 harpe, 1 piano
    — 20 violons, 8 altos, 6 violoncelles, 6 contrebasses

    détail des percussions :

    — jeu de cloches (grand) ; marimba (grand)
    — vibraphone ; 2 bongos aigus ; 2 toms aigus ; tumba grave ; caisse claire ; gong grave ; cymbale cloutée (medium) ; cymbale suspendue (medium)
    — grosse caisse ; triangle ; 4 gongs graves ; tam-tam


    GÉNÉRALITÉS

    — une écriture symphonique contemporaine
    — richesse des modes de jeux : pizz., sourdines wah wah, flatterzung...
    — beaucoup d’oppositions, de contrastes : tension – détente ; statisme – énergie

    — Effets de la musique électronique réalisés avec un orchestre traditionnel.
            Exemple : impression de reverb grâce à l’accent du début puis jeu sur la nuance

    — pas complètement atonale mais elle n’est pas tonale non plus :

    Dalbavie parle de « métatonalité ». C’est un terme inventé par son maître Claude BALLIF pour désigner l’extension des fonctions tonales. Pour DALBAVIE, la métatonalité s’inscrit dans le prolongement du principe d’élargissement du champ sonore, technique caractéristique de la musique spectrale.

    « Je ne me situe pas dans cette opposition tonal / atonal. Il y a dans ma musique des phénomènes de coïncidences, c’est-à-dire des processus qui peuvent faire émerger localement des îlots de tonalité. Tout ça est intégré dans un monde global qui est celui de la résonance. »

    Dans Color la notion de forme est très importante :
    — c’est une pièce architecturale, non discursive.
    — toute description linéaire est un non sens avec ce type d’oeuvre.

    3 notions essentielles dans cette musique :
    — les événements
    — l’entropie
    — l’attaque résonance


    ÉVÉNEMENTS


    Un événement correspond à un changement d'état. C'est répondre à la question "Qu'est ce qui se passe ?"
    La présence de l’événement se justifie... à quoi sert il ?
    Il s’agit d’événement information : capacité à déclencher une action


    une musique « d’objets » :


    — harmonie : cluster = agrégat sonore ; l’accord tonal

    — l’axe de résonance (zone de polarité ou centre de gravité de résonance)

    — éléments mélodiques : le trajet ascendant, le trajet descendant et le glissando, mélodie dodécaphonique, la quinte motivique

    * motif descendant :

    * glissando :


    — le motif rythmique : motifs rapides constitués d’une série de triples croches aux contours mélodiques variables

    On entend aussi des harmonies (ré-fa-la) mais on attend la mélodie qui ne vient pas...

    ENTROPIE

    Terme utilisé en thermodynamique : phénomène selon lequel tout ce qui se passe dans la nature, tout ce qui arrive revient au point zéro. Tout revient (état décroissant).

    présence d'impacts = élément formel (qui a la capacité de participer à la perception de la forme)
    lien contigu entre les événements. Les éléments formels ne sont pas dans la continuité, ils sont disposés à des endroits stratégiques de l’oeuvre. Certains éléments ne s’expliquent pas dans leur état initial mais se justifient plus tard.
    La notion d’impact est un véritable élément formel amené et préparé par le compositeur (par l’élément de fanfare en accords joués fortissimo).


    ATTAQUE-RÉSONANCE

    Principe essentiel dans cette oeuvre. C’est une des 5 morphologies sonores :


    L’attaque-résonance est parfois réduite au simple impact, à une suite d'impacts (volume constant, sorte de pulsation), voire des « rebonds » (suite d'impacts avec decrescendo).
    Ces événements sont préparés par les accords très puissants nuance ff
    L’aboutissement de ce type d’événement est la fin de la partie centrale : références au Sacre du printemps de Stravinski (La danse de adolescentes printanières) à 11 min. Serait-ce la clé de l’oeuvre (juste situé au centre) ?



    Dalbavie parle aussi de « coïncidences » avec d’autres compositeurs (sorte citations, références) : Varèse, Ravel, Debussy.
    musique spectrale = qui se réfère aux harmoniques des sons (démultiplication d'un microphénomène à une macro-structure)


    Musicogrammes


    NOTION DE FORME très importante :
    — c’est une pièce architecturale, non discursive... toute description linéaire est un non sens avec ce type d’oeuvre.
    — oeuvre très "symétrique" dans l'organisation :





    partie 1 — amorce
    jusqu'à 6'56 (mesure 80) 


    — Grandes plages tonales (émergence d'un accord de ré mineur) à partir d'un cluster du piano / percussions >> écouter

    — Déphasages graduels, ascensions et descentes pour former une cellule mélodique.

    — Effet de résonance perpétuelle aux cordes, grandes tenues et notes pédale, axe de résonance = sol >> écouter

    L’axe de résonance sur sol reste ensuite omniprésent dans l’oeuvre 

    — Accumulation de tensions jusqu'à un fff puis trajet descendant, jusqu'à l'axe de résonance, effet d'écho >> écouter

    — Mélodie émergente présentée au piano, ponctuée d'agrégats dans les graves >> écouter

    — Crescendo qui conduit à l’axe de résonance SOL >> Ecouter


    vidéos © Pierre Crispi (ac-lyon)



    partie 2 — climax

    jusqu'à 11'50 (mesure 235)


    — Plus grande intensité que dans la section I


    — On observe une pulsation stable : ostinato sur la note sol (répétée longtemps). Superposition de processus. L’axe de résonance est devenu ostinato en croches. >> écouter

    — Motifs descendants


    — Changement de rythme, d'ambiance, pulsation rapide des violons, relayée des contrebasses puis piano.


    — Oppositions de vitesse, diminutions rythmiques d’une gamme, sur axe de résonance >> écouter

    — Motif d’oscillation (Sol - La b) >> écouter

    — Passage qui rappelle Stravinsky >> écouter

    — Grand glissando et decrescendo à la fin de la section >> écouter

    Mise en évidence de la dynamique de "gestes" et d'objets sonores :


    vidéos © Pierre Crispi (ac-lyon)



    partie 3 — désamorce

    On peut découper cette partie en 2 périodes :

    jusqu'à 15'44 (mesure 298) :

    — Grand contraste avec section précédente, beaucoup plus calme (désamorce les tensions)

    — Multitude de procédé s’efface.

    — L’oeuvre passe de la ligne à la texture

    — Mélodie qui s’épaissit

    — Accords consonants dans un style choral, glissando des cordes. >> écouter

    — Renouvellement du rythme, marquage au percussions

    — Effets de nuances, échanges entre les voix.

    — Beaucoup de tenues et clusters aux cordes amenant l'axe de résonance puis cluster de piano. >> écouter

    — Glissando aux cordes montant vers l'aigu et amenant la dernière section. >> écouter

    puis de 15'44 à la fin

    — Cette partie débute par un immense accord à la fois tonal (accord de la mineur) et teinté de dissonances.

    — Long trajet descendant

    — Effet de réverbération sur clusters des contrebasses et trombones et quintes motiviques >> écouter

    — Mélodie qui redevient ligne. Elle est partagée entre les pupitres.

    — Résonances de la harpe et notes tenues des cordes qui amènent la Color, sobre et délicate, à la harpe >> écouter


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    Item Reviewed: Dalbavie - Color - Analyse Rating: 5 Reviewed By: nicolas martello
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