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    samedi 12 septembre 2009

    Textes sur le briolage


    BRIOLAGES : Chants à pleine voix du laboureur, pour conduire et encourager ses bœufs ou ses chevaux. Souvent sans paroles, ils sont alors une suite d'onomatopées et de cris d'encouragement, dans lesquels interviennent les noms des bêtes concernées. Briolage (Berry) = grande (Auvergne) = tiaulage ou tiaulement (Nivernais) = huchage (Poitou) = branle-de-boièr en Haut-Agenais.
    Sur les briolages, cf. Arnold Van Gennep, pages 2224 à 2228.
    Le briolage est un chant très rare qui ne se pratiquait que dans certains endroits de la Nièvre, de l'Indre, etc.
    Henri Davenson, dans son Livre des chansons (Introduction à la chanson populaire française), pages 445-446 note quatre huchages : le premier est le refrain de la chanson du chevalier dans le Jeu de Robin et Marion d'Adam de la Halle (vers 1285), le quatrième est une citation de L'Arlésienne de Bizet.
    C'est un dérêlo, un chant de vacher. Le plus ancien connu est précisément celui qu'Adam de la Halle a inclus dans Robin et Marion :

    • Extrait de Robin et Marion, accompagné de percussions. Ensemble Perceval, dir. Guy Robert. Disque 33t Arion.

    Trairi, deluriau, deluriau, delurièle
    Trairi, deluriau, deluriau, delurot.
    [ Hui main je chevauchoie
    Les l'orière d'un bois
    Trovai gentil bergière
    Tant bele ne vit roi, hé ! ]
    Trairi, deluriau, deluriau, delurièle
    Trairi, deluriau, deluriau, delurot.

    HAUT-AGENAIS : les chants de labour "branle-de-boièr"
    Disque 33t "Cantaires del Naut-Agenés" (Association Culturelle Aquitaine pour les Musiques Populaires).

    « On chantait le branle de bouvier le matin de bonne heure en labourant ou en partant faire un transport avec les bœufs. Dans le silence de l'aube, le "lo-lo" du bouvier, sans paroles, portait loin ; les chanteurs se répondaient, chacun à sa façon, mais sans improviser semble-t-il. Après la guerre de 1914, cette coutume ne fut plus comprise ; certains n'y voyaient que des beuglements, personne n'osa plus chanter "bouvier". »


    • Branla-boièr, par Marie Vigne (née en 1889, enregistrée en 1978).
    • Branla-boièr, par Félicien Beauvier (né en 1894, enregistré en 1979). Il se remémore deux personnes qui le chantaient : "Ca résonnait dans ces vallons… Le pauvre Camille, du Moulin-Bas, lui c'était : [chant], et l'autre : [chant].
    • Branla-boièr, par Arthur Barjou (né en 1889, enregistré en 1978). Il précise : "La même mélopée se répétait, toujours pareille".
    • Branla-boièr, par Basile Paulard (né en 1897, enregistré en 1978). Chant peu sûr quant à la mélodie.


    George Sand : La Mare au Diable, ch. II "Le labour" :

    « Ce chant, dont l'origine fut peut-être considérée comme sacrée, et auquel de mystérieuses influences ont dû être attribuées jadis, est réputé encore aujourd'hui posséder la vertu d'entretenir le courage des animaux, d'apaiser leurs mécontentements et de charmer l'ennui de leur longue besogne. Il ne suffit pas de savoir bien les conduire en traçant un sillon parfaitement rectiligne, de leur alléger la peine en soulevant ou enfonçant à point le fer dans la terre : on n'est point un parfait laboureur si on ne sait chanter aux bœufs, et c'est là une science à part qui exige un goût et des moyens particuliers. »

    Alain FOURNIER, Le miracle de la fermière :

    « Aux premières grandes pluies d'octobre, nous avons quitté la Colombière. De grand matin tandis que les fougères dégouttaient dans le brouillard, nous sommes passés à pied devant les Chevris, pour aller prendre le train. De loin, nous entendions chanter, dans une grande terre voisine de la route, et nous nous sommes arrêtés un instant, pour écouter en silence. Je connaissais ce grand chant du labour, dont on ne peut jamais dire s'il est plein de désespoir ou de joie, ce chant qui est comme la conversation sans fin de l'homme avec ses bêtes, l'hiver dans la solitude. Mais jamais l'homme qui chantait, de cette voix lente et traînante comme le pas des bœufs, ne m'avait paru si désespéré d'être seul… »

    George SAND, La Mare au Diable :

    « Ce chant n'est, à vrai dire, qu'une sorte de récitatif interrompu et repris à volonté. Sa forme irrégulière et ses intonations fausses selon les règles de l'art musical le rendent intraduisible. Mais ce n'en est pas moins un beau chant, et tellement approprié à la nature du travail qu'il accompagne, à l'allure du bœuf, au calme des lieux agrestes, à la simplicité des hommes qui le disent, qu'aucun génie étranger au travail ne l'eut inventé, et qu'aucun chanteur autre qu'un fin laboureur de cette contrée ne saurait le redire. Aux époques de l'année où il n'y a pas d'autre travail et d'autre mouvement dans la campagne que celui du labourage, ce chant si doux et si puissant monte comme une voix de la brise, à laquelle sa tonalité particulière donne une certaine ressemblance. La note finale de chaque phrase, tenue et tremblée avec une longueur et une puissance d'haleine incroyable, monte d'un quart de ton en faussant systématiquement. Cela est sauvage, mais le charme en est indicible et quand on s'est habitué à l'entendre, on ne conçoit pas qu'un autre chant pût s'élever à ces heures et dans ces lieux-là, sans en déranger l'harmonie. »

    Livret du 33t Chant du Monde des Thiaulins de Lignières :

    Connue autrefois dans toutes les provinces du Centre (Bourbonnais, Nivernais, Poitou) cette tradition musicale s'est maintenue dans notre province jusqu'en 1914, plus particulièrement dans le bocage des environs de La Châtre où elle ne disparaît totalement que vers 1950, avec les derniers bœufs de trait. Un siècle auparavant, Laisnel de La Salle note dans ses Souvenirs du Vieux Temps : « Le goût pour les bœufs semble être la passion dominante des populations qui habitent le Sud-Est du Bas-Berry. Ailleurs, c'est l'amour des chevaux, de la chasse ou du jeu; dans cette partie du Berry, c'est l'amour des bœufs… Il fallait voir les jours de marché le maître métayer des Raymonds déboucher sur la grande place de La Châtre avec son colossal attelage ; il fallait le voir s'avancer, triomphant, à la tête de ses dix grands bœufs, égaux de taille, pareils de robe et les faire lentement défiler sous les regards émerveillés d'une double haie de spectateurs, composée des plus fins connaisseurs du pays et sur la figure desquels se peignaient tous les signes d'une admiration profonde et réfléchie, à laquelle se mêlait quasi du respect. » Il reste une paire de bœufs, aujourd'hui, dans cette Vallée Noire que George Sand parcouru en compagnie de Chopin, Meyerbeer et Pauline Viardot pour tenter de fixer ce « chant solennel et mélancolique » deux bœufs roux et quelques « brioleux » que les doigts d'une main suffisent à dénombrer.
    Reste qu'aujourd'hui, tous les plus de 70 ans, ne tarissent pas en souvenirs vivaces, en anecdotes pittoresques et amusantes comme celle de ce « boiron » des Brandes de la Celle-Condé forçant l'admiration de ses maîtres par son entêtement à «travailler» sous la grande pluie d'automne : mais du labourage, il n'y avait que le chant lancé au vent par notre homme, bien à l'abri sous un chêne ! On cite également bon nombre de laboureux commençant à brioler en partant du domaine à la «piquée du jour» afin de faire croire au voisinage qu'ils étaient déjà au travail. Personne ne restait insensible à la poésie de ce chant, vibrant dans la douceur d'une belle matinée d'avril, à l'heure où l'alouette turlutte, haut dans le ciel. Quelle impression de force en voyant ces attelages de 8 à 10 bœufs qui, aux premières notes de la mélopée et à l'appel de leurs noms, « allongeaient, allongeaient » leurs reins puissants pour arracher une « cosse » rebelle en lisière de la forêt de Cheurre.
    Chaque contrée avait son style, chaque laboureux sa manière propre de chanter aux bœufs ; ample, calme pour les uns, l'air pouvait être rude et presque sauvage pour d'autres (tel le paysan de Nohant enregistré par le Musée de la Parole en 1912).
    Le briolage du Père Berger de la Berthenoux a été recueilli dans les années 50, alors que celui-ci ne menait plus les bœufs depuis bien longtemps. Monsieur Thibault, enregistré en 1976 tient la tradition de son père ; dès l'âge de 15 ans il labourait et à 18 ans, il s'essayait à « bérioler ». En 1958, après en avoir eu jusqu'à dix, dressés et aptes au labour, il vend ses bœufs et n'aura plus l'occasion de chanter avant la Sainte Anne dernière, à Nohant, où durant la fête patronale animée par les Gâs du Berry, les jeunes générations redécouvrent le briolage. Monsieur Thibault possède également un riche répertoire de chansons traditionnelles : Le pauvre Laboureur dont le rythme lent permettait d'en faire des motifs de briolage, car certains laboureurs savaient « entourer les chansons de mille variations au point de les rendre méconnaissables sans que, pour cela elles cessent d'être belles ». Ces créations étaient d'ailleurs très prisées et, au cabaret, les jours de Saint Blaise, aux repas de batteuses, comme aux repas de noces, les bons brioleux avaient beaucoup de succès. Ce qui frappe dans ce chant, c'est son caractère universel, l'expression naturelle des paysans de partout et de toujours.


    • Briolage ("Briolée aux bœufs"), collecté par Ferdinand Brunot. 78t Archives de la Parole, 1913. Recopié par Constantin Brailoiu, 33t AIMP vol.5 (VDE Gallo, Suisse)
    • Briolage, par M. Berger, de la Berthenoux (1959). 33t Musique Traditionnelle du Berry, Chant du Monde LDX.74653. M. Berger avait déjà été enregistré par Ferdinand Brunot.
    • Briolage, par Marcel Thibault (1976), ancien laboureur. Idem.

    Aujourd'hui, on n'a plus besoin d'appeler les vaches. Elles sont parquées dans des pâtures encadrées par des clôtures électriques. On ne les appelle plus. Elles viennent d'elles-mêmes pour être traites. Ce fait est confirmé même dans les alpages des Alpes françaises.


    LES GRANDES (Auvergne)

    Joseph Canteloube, Anthologie des Chants populaires français :

    « Les chants les plus curieux de l'Auvergne sont les chants de plein vent, servant comme de rite aux grands moments de la vie rustique, tels les labours et les moissons. Les chants de labours sont appelés grandes. Comme le briolage berrichon, ils sont destinés à exciter au travail les animaux de labour, mais en Auvergne ils n'ont pas de paroles et consistent en une mélodie très large, psalmodiée sur de simples onomatopées et qui s'harmonise à merveille avec le pas lourd et lent des bœufs au travail. Cette mélodie, très variable, n'en constitue pas moins un thème musical ayant un sens très précis et dont les périodes s'équilibrent parfaitement. Dans les soirs d'été, quand les bouviers rentrent les chars de foin, ou bien à l'automne, lorsque les laboureurs ouvrent les sillons dans les vallées ou sur les pentes, ce chant peut parfois s'entendre. Son austère et rude grandeur s'accorde d'émouvante façon avec les caractères du sol de l'Auvergne dont il semble la puissante voix.
    Les sept grandes que nous citons sont des plus curieuses et des plus belles par la force des accents et la largeur de l'expression. La plus curieuse est la quatrième, dont la deuxième période reproduit textuellement le thème initial de la Symphonie Pastorale de Beethoven. »


    • Despatcha-te boriaire, d'après une grande d'Auvergne. Il n'existe pas d'enregistrement de grande. Celle-ci est chantée par André Ricros, CD "Partage des eaux", Silex Y.225.003. Le chant a été écrit en 1906 par Raymond Four, de Pleaux (Cantal).


    Despacha-te boriaire
    Cau semenar lo blat
    Sórt viste ton alaire
    Lo solelh es levat.

    Arranca la cauciga
    Qu'estofa lo bon gran,
    E semena la siga
    Que deman possará.

    La tèrra, la bona maire,
    Jamai ta delaissat,
    Sovene-te boriaire
    Lo trabalh es-t-aisat.

    Fa bona semenada,
    E quand l'estiu vendrá
    De tota la jornada
    Les blats maduraran.

    Hâte-toi laboureur
    Il faut semer ton blé
    Sors vite ton araire
    Le soleil est levé.

    Arrache les chardons
    Qui étouffent le bon grain
    Et sème le seigle
    Qui poussera demain.

    La terre, la bonne mère
    Ne t'a jamais abandonné
    Souviens-t-en laboureur
    Le travail est aisé.

    Fais bonne semaille
    Et quand l'été viendra
    De toute la journée
    Les blés mûriront.

    Briolages, par Mic Baudimant (Berry). En studio, on a ajouté un triple écho. Très belle interprétation. CD Anthologie de la chanson française, vol. 6, EPM VC.99.6
    Inspiré par un briolage noté par Pauline Viardot, sœur de la Malibran, à Nohant, chez George Sand (cité par Canteloube, tome III page 106).

    Allez ! Allez ! Allez ! Allez !
    Allez mes grands bœufs ! Allez !
    Hop !
    Aaal-lons, mes jolis bœufs !
    Aaal-lez ! Aaal-lez ! aaaaa !
    Nous allons ben travailler !
    Hééé ! là-hééé !
    Et montez donc vers là,
    Mes grands bœufs !
    Mon Paillon, mon Reurmé,
    Mon Taupin, mon Charbougnot


    "Voici demain Saint-Blaise", par Jacky Bardot. CD Anthologie de la chanson française, vol. 6, EPM VC.99.6. Saint-Blaise est le patron des bouviers et des laboureurs. Cette célèbre chanson est originaire de la Dombes, petite région de l'Ain (sud de la Bresse) où il est particulièrement vénéré (inconnu ailleurs dans le département).

    Voici, demain, Saint-Blaise,
    La fête des bouviers !
    Où les valets s'assemblent
    Pour s'aller divertir

    R : Ah ! les bouviers ! (bis)
    Sont nobles; on doit les aimer !

    Ils ont pris leur couverte,
    Aux champs ils sont allés,
    La dame à sa fenêtre
    Les regarde passer.

    Dès qu'ils ont vu la dame,
    Et lui ont fait : "Bonjour",
    Est descendue la belle,
    Pour danser avec eux.

    Sitôt après la danse,
    Ils s'en sont retournés :
    "Adieu ! Adieu, la belle !
    Faut aller labourer !"

    R : Ah ! les bouviers ! (bis)
    Sont nobles; on doit les aimer !

    Saint-Blaise (3 février) est le patron des bouviers également dans certains endroits du Berry (La Châtre), de Bourgogne, du Beaujolais, du Forez, du Poitou, des Hautes-Alpes.

    Cité par Arnold Van Gennep (page 2218) :

    C'est aujourd'hui la Saint-Blaise
    La fête des bouviers
    De bon matin se lèvent
    Aux pâturages leurs bœufs sont allés

    R : Oh lous bovis, oh lous bovis,
    Sont aimables, on lou dâ [doit] aimer.


    Dans les Pyrénées Orientales, le patron des laboureurs est Saint Gaudérique (Galdéric) — 16 octobre.

    • Briolages, par Jean Blanchard (musette en ré) et Eric Montbel (musette en sol). Chant noté dans le département de l'Indre par Edmond Augras (L'Illustration Economique et Financière, 27 mars 1926). CD Unesco D.8202
    • Briolage par Henri Viaud, disque 78t de 1913, utilisé par Roland Becker dans Er Roué Stevan : saxophone et rhombe, CD Carpe Diem 262
    • Briolages par Mic Baudimant, dans "Mouvements clos", de Gilles Chabenat : vielle à roue électro-acoustique, CD Buda musique 82224


    Les chants de briolage

    Il désigne dit-on un chant de laboureur ou le chant des labours qui avait la vertu d'encourager les animaux au travail. Ou plutôt un chant pour guider les attelages de boeufs et ces fameuses grandes attelées typiques des grands domaines du Berry et notamment de la Champagne Berrichonne qui ont marqué ces zones agricoles jusqu’au milieu des années 1940. Selon une association locale de mainteneurs, les Thiaulins de Lignières, le briolage « renvoie au blues ou au chant arabe pour sa forme d’interprétation et l’émotion qu’il transmet », mais évidemment c’est George Sand, première collecteuse des usages et rituels qui en parle particulièrement bien. George Sand écrit ceci dans La Mare au diable : « Ce chant si doux et si puissant monte comme une voix de la brise, à laquelle sa tonalité particulière donne une certaine ressemblance. La note finale de chaque phrase, tenue et tremblée avec une tenue et une puissance d’haleine incroyable, monte d’un quart de ton en faussant systématiquement. Cela est sauvage, mais le charme en est indicible et quand on s’est habitué à l’entendre, on ne conçoit pas qu’un autre chant pût s’élever à ces heures et dans ces lieux-là, sans en déranger l’harmonie. »  Ce sont bien entendu des chants a capella, transmis quasiment uniquement oralement, et qui était rarement accompagnés dans les veillées d’un instrument (vielle, accordéon, cornemuse, violon). L’amie de George Sand, la cantatrice Pauline Viardot, dans une lettre, évoque son séjour à Nohant, maison de Sand en bas-Berry, qui, au petit matin, de sa chambre, était « bercée » par les chants des labours.
    Claude Longre, présidente de l’association Amis du Francoprovençal en Pays Lyonnais dans un entretien, a ainsi défini les chants des labours : « C’est une échelle mélodique typique pour ces genres de chants, on pouvait les chanter en travaillant. Mais les gestes de la vie agricole ont disparu depuis belle lurette comme par exemple battre au fléau, et tous ces chants se sont perdus, ils n’ont pas été notés enfin pas à ma connaissance. Les gens se souviennent qu’il y en a eu, mais sans doute  ne les ont-ils pas entendus eux-mêmes. »
    Le briolage évidemment n’est pas exclusif au Berry. On le retrouve dans de nombreuses autres régions sous l’appellation générique de chant des labours. Il s’appelle Thiaulage dans la Nièvre, Grandes en Auvergne. Il recouvre les chansons des labours, les chants des bouviers et ce qu’on appelait les chansons des grands vents chantées par les bergers sur les grands espaces et dans l’estive de la montagne.


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    Item Reviewed: Textes sur le briolage Rating: 5 Reviewed By: nicolas martello
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