Les flûtes à bec ou flûte douce ou flûte droite
Le bois utilisé pour sa fabrication est du buis ou du poirier… bref un bois relativement mou qui donne une sonorité douce. Le bois mou a tendance à absorber les harmoniques aiguës alors que le bois dur laisse résonner les harmoniques aiguës.Le diamètre des trous (au nombre de 7) varie. On distingue 9 tailles différentes allant de 20 cm à plus de 2 mètres de long. C’est un instrument fabriqué en une seule pièce à l’époque de la Renaissance. L’ambitus de la tessiture est d’environ 2 octaves.
La flûte à bec développe une littérature assez importante : on la trouve dans les danses, dans les œuvres pour solistes …
En 1535, « La Fontegara » de S. Ganassi est un des premiers ouvrages sur la flûte.
Rapidement la flûte de la renaissance va se transformer en flûte baroque : elle est désormais en 3 parties ce qui va permettre une finition plus soignée tant intérieurement qu’extérieurement.
Il existe quelques instruments fabriqués en ivoire.
Quelques noms sont à retenir : la famille Hotteterre (ils sont à la fois facteurs et compositeurs), Jean Lœillet, Boismortier (il est né à Thionville), Desmarais.
L’instrument va avoir tendance à disparaître au milieu du 18ème siècle.
Il existe des instruments de la même famille :
- Le flageolet (flauto piccolo) était une petite flûte à bec à 6 trous, qui servit surtout du 16ème au 18ème siècle (demandée, entre autres, par Bach et Haendel), mais fut détrônée par le piccolo.
- Le cor de Chamois (Gemshorn en allemand) était courbe et avait 4 trous ; nous ne le connaissons que par des reproductions du 16ème siècle.
- Le Schwegel (ou Schwigel) était une petite flûte à bec, cylindrique et étroite, ayant 3 ou 4 trous et jouée d’une seule main (l’autre battant du tambour). Cet instrument fut très populaire du 16ème au 18ème siècle et beaucoup joué par les musiciens de foires. Malgré son peu de trous, il donnait un assez grand nombre de notes, car, du fait de son diamètre, le son fondamental sortait à peine. On se servait toujours des harmoniques naturels d’une certaine hauteur, entre lesquels il y avait relativement peu de lacunes.
- Originaire de Bohême, la Stockflote (Czakan), qui pouvait être prolongée par un bâton pour servir à volonté de flûte ou de canne, fut à la mode vers 1800.
- L’ocarina remonte à l’antique flûte-caisse d’Asie. C’est une flûte à bec bouchée en forme d’œuf ou de rave (son nom signifie œuf d’oie), percée de 8 trous et faite en argile ou en porcelaine. Son timbre est doux, mais plat et insignifiant. Elle a été très populaire.
- La flûte de Lotus est une flûte à bec cylindrique en bois, en caoutchouc ou en matière plastique, sans trous. On règle sa hauteur grâce à un piston intérieur mobile, commandé à travers l’ouverture. On en construit de plusieurs tailles. Il est difficile de jouer proprement dessus, car on ne peut que glisser d’une note à l’autre. On s’en sert beaucoup dans les orchestres de jazz.
- Depuis l’antiquité, on a réuni deux flûte à bec ; le résultat est la flûte double. On en trouve encore aujourd’hui dans les Balkans.
FIFRE :
Petite flûte traversière à six trous, de perce cylindrique étroite, sans clés, d’une tessiture aiguë de deux octaves (en ré habituellement). Le fifre est attesté au Moyen Âge et fut très répandu comme instrument militaire de François Ier à Napoléon III, en passant par la garde impériale du premier Empire et par les Cent-Suisses de la Restauration. À ne pas confondre avec le piccolo ou avec les formes du genre galoubet provençal ou du txistu basque.
La flûte traversière
La perce est cylindrique (sauf à l’époque baroque où elle est conique).Guillaume de Machaut est le premier a avoir parlé de la flûte traversière. Philibert Jambe de Fer en parle aussi. L’antiquité a connu la flûte traversière. Elle était si répandue en Allemagne, au Moyen Age déjà, que tous les pays l’ont qualifié d’allemande (= flûte d’Allemagne).
A la renaissance c’est un grand tuyau avec 6 trous et pas de clefs.
A la période baroque, la perce est conique ce qui donne une sonorité plus précise. La flûte aura le plus souvent 3 parties et des clefs vont se rajouter au fur et à mesure.
Le système Boehm va tout révolutionner de même que Tulou qui va la faire évoluer.
Comme facteurs de flûte traversière il faut signaler les Hotteterre (Jean et Jacques). Jacques Hotteterre a laissé un ouvrage « Principes de la flûte traversière ». Joachim Quantz a écrit un livre (une méthode de flûte) en 1752 (il a aussi abordé les problèmes d’ornementation de l’époque).

