#edmus search

Musique d'Afrique






Afrique subsaharienne

Plus que partout ailleurs, la musique de l’Afrique subsaharienne est intimement imbriquée dans les divers aspects de la vie de la communauté villageoise. La musique véhicule l’Histoire et réalise l’accord de la société humaine avec les forces invisibles. Elle agit dès lors comme un puissant vecteur de cohésion sociale, ce qui explique la survie de formes ancestrales chez les peuples d’origine africaine (Haïti, Martinique). Partout en Afrique, la pratique instrumentale côtoie des styles vocaux (illustrés par l’art des griots) qui, tous, relèvent du chant responsorial (un chœur répondant à l’appel d’un soliste). La musique instrumentale fait usage d’une grande variété d’instruments : arcs musicaux, lyres, percussions en bois, en peau ou à grains, balafons (xylophones africains), harpes, flûtes. Dans nombre de cas, la musique d’Afrique noire révèle des structures rythmiques et polyphoniques complexes, par exemple dans le chant a capella (sans accompagnement instrumental) des Zoulous d’Afrique du Sud ou dans la polyphonie instrumentale des Pygmées de Centrafrique.

Une des caractéristiques de cette musique tient au goût des africains pour les voix déformées ou travesties, de même que pour les instruments détimbrés. En revanche, les arabesques, tremblements et autres procédés précieux sont ignorés. Le chant est souvent proche du parlé. La plupart des chants sont liés à des rites ou à des cérémonies.
La musique africaine est diatonique. Elle connaît une sorte de polyphonie, par exemple par l’utilisation d’un ostinato, ainsi que la polyrythmie. Les africains apprécient les phrases brèves, les répétitions, les rythmes fermes, la virtuosité et le chant choral. Cette musique s’entend rarement sans gestes et danses, celles-ci étant le plus souvent collectives.
La danse, généralement, spectaculaire, peut faire appel aux costumes, à la peinture et aux masques. Elle peut s’achever dans la transe. Le danseur symbolise quelquefois un esprit, un homme ou un animal, ce qui donne à cette activité un aspect pré-théâtral.
Les instruments de musique étonnent par leur diversité. On trouve des instruments quasiment primitifs (rhombes, racleurs, hochets, etc.), qui semblent parfois constitués de bric et de broc, et des instruments complexes et ouvragés. Citons les harpes et les xylophones (marimba, balafon, etc.). Ceux-ci sont formés de lames de bois que le musicien frappe avec des baguettes. Il en existe différentes sortes, portant des noms différents.
L’Afrique connaît les instruments à cordes (arc musical, lyre, cithare, vièle, etc.) et les instruments à vent (flûte, trompe, corne, etc.). Un instrument original est la sanza, constituée de lamelles fixées à une caisse de résonance, qui se joue avec les pouces. Quant aux tambours, ils abondent... Ils peuvent servir à « parler », à communiquer, ou à « chanter », ce qui est possible si l’on songe à leur variété et aux multiples façons de les utiliser. Les tambours peuvent être répertoriés, chacun étant dévolu à un rite, à un personnage, etc. Le secret de leur fabrication se transmet d’une génération à l’autre.
Tous ces instruments ont des formes et portent des noms différents d’une région à l’autre. Les musiciens aiment parfois les compliquer de clochettes, sonnailles, hochets, etc., un peu comme font les danseurs qui se chargent de bracelets ou autres objets sonores. L’instrument de musique n’est pas, pour autant, utilisé avec prodigalité et il est même des peuplades qui font rarement fait appel à lui, comme les Peuls ou les Pygmées.

Messages tambourinés

Les messages envoyés par les tambours sont des exemples de communication musicale qu’on rencontre fréquemment en Afrique et en Océanie. On distingue souvent entre des signaux envoyés par tambours et de véritables messages véhiculés de la même manière. Les premiers sont des phrases ou des rythmes qui ont une signification pré-déterminée et connue du groupe. Les autres reproduisent la tonalité des mots et forment d’authentiques phrases imitant la voix humaine. Il faut savoir qu’en Afrique beaucoup de langues sont tonales et que les instruments peuvent reproduire cette structure tonale, ne faisant en fait que parler comme les hommes. Les tambours sont souvent utilisés parce qu’ils portent loin. Leur jeu est compris d’office par les seuls initiés, les autres ne comprennent pas. Ils servent informer d’un événement comme une naissance ou un décès, à mettre en garde, à dire les louanges de quelqu’un ou encore à rassembler une population précise. Les tambours africains ont certes de nombreuses fonctions mais celle parler n’est pas des moindres. Les tambours dits d’aisselle ou tama, percussions en forme de sablier jouées en Afrique occidentale, sont d’ailleurs appelés, en anglais, talking drums (tambours parlants). Ils produisent des hauteurs variables et peuvent donc facilement émettre des messages phrasés et rythmés. Pour ce faire, le musicien module en jouant sur la tension des peaux.

Lorsqu’on n’utilise pas de tambours à membranes, les messages sont souvent envoyés sur des tambours à fente, soit des instruments entièrement creusés dans le bois et frappés sur les bords de la fente (ou des fentes) qui les traverse(nt). C’est le cas en Afrique encore, notamment chez les Lokele de l’ancien Congo belge qui imitent la voix en jouant, reproduisant des phrases parlées. Mais c’est le cas aussi, par exemple, chez les peuples de Papouasie-Nouvelle-Guinée qui frappent alors des messages codés sur le grand tambour garamut. On l’entend loin et les initiés comprennent s’ils sont conviés à des fêtes, des funérailles ou encore s’il s’agit des messages plus simples liés au quotidien.



INSTRUMENTS

Principaux instruments :


Les instruments de percussion dans la musique africaine sont très nombreux, de toutes sortes et de toutes formes, et lui donnent un sens en n’importe quelle circonstance de la vie, de la naissance à la mort. Tout jeune, l’Africain éprouve le besoin de fabriquer ces instruments pour s’exprimer, tirant d’eux des sons en rapport avec la parole : ils « parlent » le langage de la tribu. Leur sensibilité aux bruits de la nature se traduit par l’imitation de cris d’animaux sauvages, panthères, oiseaux de proie, singes… Quoique l’Africain ait besoin de construire, et de jouer ces instruments, ceux-ci restent cependant l’apanage de certaines castes, les « griots », musiciens qui participent à toutes les cérémonies.
On peut classer les instruments d’Afrique noire selon leur matière (bois, peau, métal), les xylophones étant les seuls mélodiques. Les idiophones sont fabriqués avec des calebasses, des bouts de fer, des hochets tressés, des cailloux, des noyaux, etc. Quoique experts clans l’art des métaux, les musiciens n’utilisent que le fer : c’est là la cassure avec les civilisations orientales qui détiennent le mono pole de la fabrication des cymbales, gongs, crotales, ou autres instruments très anciens à base de bronze.



XYLOPHONES

Il est utilisé dans presque tous les États africains. Le plus souvent pentaphonique ou heptaphonique, il est fonction des rites, langage, structures mélodiques de chaque tribu. Il peut être instrument de « langage » dialoguant avec le récitant, le chanteur, ou le village, ou instrument soliste, élément mélodique d’un ensemble d’autres percussions à vent ou à cordes, ou accompagnateur. On sait que le xylophone est formé d’un ensemble de lattes de bois de différentes longueurs sous les quelles sont souvent disposés des résonateurs faits de calebasses qui amplifient le son, joués debout ou en position assise.



Le balafon vient d’Afrique occidentale (Malinké). Le « xylophone sur jambe », fait de trois ou quatre lames de mônier séché posées transversalement sur les cuisses ou les jambes, est la forme la plus simple : togo en pays kabré, chikorekore au Zambèze ; de même le xylophone sur fosse formé de quatre lames posées sur deux traverses de paille au-dessous des quelles la terre a été creusée pour amplifier le son il est joué par deux exécutants avec des baguettes de bois munies d’une boule de latex (lingassio de République centrafricaine). Il peut être joué aussi sur des troncs de bananiers, les lames parfois séparées par des chevilles, frappé soit au milieu des lames (kundung du Nigeria), soit aux extrémités des lames, les exécutants se mettant face à face (kponimbo de République centrafricaine, à treize lames ; gbo six lames de Côte-d’Ivoire ; madinda douze lames d’Ouganda). Parfois, les exécutants s’installent face à face, l’un jouant les lames les plus petites, l’autre les plus grandes (gonoe de Côte-d’Ivoire). Il arrive que les grandes lames soient situées au milieu de l’instrument (manza de République centrafricaine). Au Tchad, on trouve le koundou (sara) ou le kenoe qui ont treize à quinze lames dont l’une est sourde, neutralisée pour ne pas sonner, la calebasse du dessous semblant servir de récipient. Le balan malinké a dix-huit lames accordées de façon équiheptatonique (octave en sept parties égales) avec une justesse remarquable. Le ntara, à seize lames pentatoniques, est joué par quatre hommes dont trois du même côté. Enfin, le kanyoka est joué par paire : les lames graves de l’instrument femelle sont disposées à droite et sont plus graves que celles de l’instrument mâle.



Il est impossible de faire la liste complète de tous ces xylophones. Les résonateurs ont une grande importance : fosse en terre, creux des jambes, calebasses dont certaines sont trouées à l’extrémité inférieure et l’orifice bouché par une toile d’araignée, un cocon, une aile de chauve-souris, donnant une sonorité de mirliton.

MEMBRANOPHONES

Les tambours à membranes sont formés d’un fût sur lequel sont placées une ou deux peaux (chèvre, reptile, poisson…) frappées simultanément ou alternativement par les mains ou des baguettes droites ou recourbées. Le son qui s’en dégage est d’une rare qualité. Très populaire, le tambour est le plus apte à exprimer les sentiments de l’Afrique, intervenant partout, à l’intérieur ou à l’extérieur des villages. Signe de puissance, il est joué généralement par les hommes.


  • En Côte-d’Ivoire, le plus répandu est le baa fait de mortier recouvert d’une peau d’antilope attachée par des lanières et tendue par les coins ; des sonnailles en fer blanc tintent à chaque coup frappé.
  • Le kondale du Tchad est en forme de tonneau recouvert aux extrémités de deux peaux lacées ; il est posé horizontalement face au musicien accroupi qui joue avec les mains.
  • Le ganga du Niger a deux peaux de chèvre ; joué soit avec les mains, soit avec baguettes et mains, il possède sur sa peau supérieure un fil tendu en peau de chèvre qui sert de vibreur (timbre).
  • Le trombel du Niger, également à deux peaux, s’apparente étrangement à notre caisse claire ; il est joué avec deux baguettes rectilignes et la peau inférieure est munie d’un timbre.
  • Le tinde des Touareg du Niger est joué par les femmes ; il est constitué d’un mortier recouvert d’une seule peau fixée par des cordes dans lesquelles sont pris deux bâtons disposés parallèlement et servant à tendre la peau.
  • Le tambour d’aisselle est en forme de sablier avec un étranglement au milieu, généralement muni de deux peaux reliées et tendues par des lacets : sous l’aisselle, la pression du bras permet de modifier la hauteur du son et de produire des glissandi (tama malinké, kalangou ou kosso nigérien).
  • Le tambour de bois est formé d’un tronc d’arbre évidé possédant une ou plusieurs ouvertures sur lesquelles on frappe : il en existe à lèvres ou à fente ; ils servent à transmettre les messages, annoncer une cérémonie, etc.



  • Le gonde de Côte-d’Ivoire est toujours joué par paire : chaque tambour de bois a deux fentes de taille différente, le plus grand est la « mère », l’autre l’« enfant ».
  • Le tambour à friction : comprend un fût avec une seule peau au centre de laquelle est attachée une tige de bois ; le musicien, après avoir mouillé sa main, frotte cette tige en un mouvement rythmique, produisant des sons de hauteur variable suivant la tension de la peau et qui imitent la voix de la panthère.


  • Le tambour d’eau est formé de deux calebasses de taille différente dont la plus grande est remplie d’eau, la plus petite est renversée et posée sur la surface de l’eau ; on peut les accorder en ajustant le volume d’air contenu dans la calebasse ; elles sont jouées avec des calebasses coupées en deux, en forme de louches, servant de baguettes.



IDIOPHONES


Les idiophones jouent un rôle important par leur spécificité, leur matière.


  • Le wasama ou wasamba, sorte de sistre, est formé d’un ensemble de rondelles de calebasses enfilées sur une baguette fourchue ; il est utilisé dans les cérémonies de circoncision.


  • Le rhombe, souvent pisciforme, attaché par une ficelle, imite le rugissement de la panthère ou est joué pour les cérémonies d’initiation en le faisant tournoyer au-dessus de la tête.



  • Des racleurs sont faits de morceaux de métal que l’on frotte, de cercles de fer que l’on frappe avec un petit anneau métallique (zari au Niger).

On trouve les cloches en fer simples ou doubles frappées avec un bâton ou une corne (Cameroun) ; les crécelles ; les calebasses ou gourdes dans lesquelles ont été mis du gravier, des noyaux, que l’on secoue ; les calebasses posées à terre et frappées avec des baguettes dures pour imiter la pluie et faire sortir les termites dont la chair est très appréciée (République centrafricaine), les hochets tressés.




  • Les lithophones sont formés de pierres de différentes tailles frappées avec d’autres pierres tenues dans la main ; au Togo, il est formé de quatre ou cinq pierres de basalte ; il n’est joué que pour annoncer la fin des pluies et la fête de la récolte de miel.
  • La sanza ou mbira, instrument à lamelles de bambou ou de métal de nombre variable ; tenu dans les mains, il est mis en vibration par les pouces ; la caisse de résonance, de taille variable, est formée d’une caisse de bois. Les lamelles de longueurs différentes donnent des sons différents également. Certaines sanzas sont pourvues de petits anneaux métalliques qui grésillent en pinçant les lamelles ; elles servent à passer le temps, se délasser.


CORDOPHONES

Les instruments à cordes : ils sont aussi très nombreux en Afrique.


 



La KORA

Famille -> Cordes grattées
Type -> Harpe
Aire -> Afrique noire occidentale

Vue de loin ou rapidement, la kora semble être un luth, c'est-à-dire un instrument à cordes avec une caisse et un manche. En fait, en y regardant de plus près, c'est une harpe, les cordes étant tendues dans un angle droit, angle droit formé par le manche et un haut chevalet cranté sur les côtés.
C'est une harpe à double rangée de cordes. On place l'instrument droit devant soi, la caisse de résonance (une grosse calebasse) contre le ventre (pour ceux qui jouent debout), ou posée au sol (pour ceux qui jouent accroupis), ou caisse posée sur les cuisses (pour ceux qui jouent assis) ; on le tient par deux petits montants en bois, avec les doigts, et on attaque les cordes avec les pouces et les index. Les cordes sont posées de part et d'autre du chevalet cranté, et sont attachées au manche par des anneaux de cuir.
La kora plaît beaucoup aux Européens, car ses sonorités pures sont proches de celles de la harpe classique. De plus sa musique, tellement délicate, ne correspond pas du tout à l'idée préconçue d'une musique noire africaine aux percussions bruyantes. Peu connue du grand public, cette magnifique harpe est pourtant emblématique de l'Afrique occidentale.
La kora est employée par les griots, musiciens historiens chantant louanges, épopées, chroniques sociales, mais aussi dans la musique de divertissement, en solo, duo, trio, ou dans un petit ensemble.

Harpe-luth kora (Afrique occidentale)


Harpe-cithare mvet (Gabon)


Cithare-radeau : des tiges de palmier-raphia ont été assemblées. De fines bandes d'écorce ont été découpées et soulevées afin de former les cordes qui sont pincées avec les doigts.





AÉROPHONES


Les instruments à vents : ils sont peu nombreux en Afrique.
                      
Hautbois alghaïta (Niger)




LA VOIX



LIENS