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Sinfonia (1968) de Berio




Guide d'écoute : L. Berio. Sinfonia, 3e mvt: In ruhig fliessender Bewegung

Le troisième mouvement de la Sinfonia est un collage carnavalesque par la richesse de ses emprunts. Le Scherzo de la deuxième symphonie (marquée “In ruhig fliessender Bewegung” = “dans un mouvement tranquille et coulant”) de Gustav MALHER est ici intégralement repris.


Cette symphonie n°2 de Mahler se réfère aux lieder inspirés du Knaben Wunderhorn (cycle de mélodies de Gustav Mahler) mais ce mouvement est purement instrumental.



Le compositeur va coller par dessus une multitude d'éléments issus d’autres oeuvres comme :


À cela s’ajoutent des phrases prononcées par des étudiants de Harvard, des extraits du livre L'Innommable de Beckett, des slogans de mai 1968 sur les murs de la Sorbonne à Paris, des bribes de conversation ou de solfège, des extraits de James Joyce...

Dans ce mouvement, la musique de MALHER coule “à travers un paysage qui ne cesse de changer, tantôt s’enfonçant sous terre pour reparaître dans un endroit tout à fait différent, tantôt disparaissant
complètement, pour devenir autre sous une forme parfaitement reconnaissable ou en tant que détails
perdus dans la masse des éléments musicaux qui l’entourent.” (BERIO)

I. STOIANOVA, musicologue spécialiste de BERIO, compare le geste du compositeur à celui de PICASSO avec les Ménines de VELASQUEZ : “Berio invente une autre oeuvre tout en citant MALHER intégralement”.



A gauche : Les Ménines (1656) de Velasquez ; à droite : Las Meninas (1957) de Picasso.