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Camille - Quand je marche



Camille, de son vrai nom Camille Dalmais, est une chanteuse française, née le 10 mars 1978 à Paris. Elle est également auteur et compositeur.
Fille d’une mère enseignante et d’un père musicien, elle entre en hypokhâgne au lycée Henri-IV de Paris. Elle est ensuite admise à l’Institut d’études politiques de Paris, où elle consacre son stage à la production de son premier opus, Le Sac des filles, en 2002.
À sa sortie fin 2002, l’album connaît un accueil mitigé de la critique, ce qui n’empêche pas plusieurs titres d’intégrer la playlist de France Inter ou de FIP (Paris, Le sac des filles, Les ex).
Les multiples collaborations suivant cette première parution attirent l’attention sur la jeune chanteuse. En plus des albums de Magic Malik, Gérard Manset ou Sébastien Martel, elle fait une prestation remarquée sur l’album-DVD de Jean-Louis Murat, Parfum d’acacia au jardin (2004). Elle collabore ensuite au projet Nouvelle Vague, se proposant de reprendre des classiques new wave en version bossa nova. Chanteuse principale de l’album (4 chansons pour elle seule), elle est une artisane majeure du succès que rencontre l’album et la tournée estivale qui suivit où son extravagance ravit.



La chanson "Quand je marche " est extraite de l’album "Le fil", sorti en 2005.
C’est un album au concept étonnant, construit sur le « fil » ou le « bourdon » : une seule note,
un si en l’occurrence, qui forme un long segue du début à la fin de l’album (toutes les chansons sont donc reliées entre elles). Co-arrangées par le réalisateur anglais MaJiKer, toutes les chansons sont construites sur une exploration de la voix, avec pour seul instrument une contrebasse et parfois un clavier. Sur scène, Camille reproduit ce minimalisme. Elle utilise l’oversampling pour retrouver la complexité des arrangements vocaux de l’album. Sly (beatbox), MaJiKer (piano, accordéon) et Martin Gamet (contrebasse, basse) l’accompagnent.
Cette fois la critique est unanime et salue l’originalité de l’oeuvre. Le single Ta douleur fait un carton et Camille enchaîne interviews et passages télévisés. Douze mois après sa sortie, l’album est disque de platine, il approche les 500 000 exemplaires vendus. Tandis que le prix Constantin puis deux Victoires de la musique confirment l’adhésion de la profession, la longue tournée qui suit démontre l’engouement du public.
Depuis, elle a sorti 2 autres albums "Live au Trianon" en 2006 et "Music Hole" (en anglais) en avril 2008.






Le texte

Quand je marche je marche
Quand je dors je dors
Quand je chante je chante
Je m’abandonne...

Quand je marche, je marche droit
Quand je chante, je chante nue
Et quand j’aime, je n’aime que toi
Quand j’y pense, je ne dors plus

Je suis ici, je suis dedans
Je suis debout
Je ne me moquerais plus de tout

Entends tu, m’as tu dit
Le chant du monde, alors depuis
Quand l’aube se lève, je la suis
Et quand la nuit tombe
Je tombe aussi

Je suis ici, je suis dedans
Je suis debout
Je ne me moquerai plus de tout

    [ > Onomatopées ]

Quand j’ai faim, tout me nourrit
Le cri des chiens et puis la pluie
Quand tu pars, je reste ici
Je m’abandonne, et je t’oublie


— Texte faussement naïf
— il est composé de 6 strophes qui alternent 4 et 5 vers
— il y a quelques rimes mais elles ne sont pas systématiques
— style : langage courant


La musique

— C’est chanté a cappella avec 2 voix qui font un bourdon (un si tenu), une voix masculine qui réalise un beatbox et Camille qui chante les paroles (voix un peu éthérée, de timbre soprano)

— structure : alternance de couplets et de refrains (tous les couplets sont écrits sur la même musique
C1 / C2 / Refrain / C3 / Refrain / passage en onomatopées / C4

— Au début de la chanson et à la fin, on entend bien le bourdon et les harmoniques qui en découlent. C’est chanté à la manière du chant diphonique de certaines musique du monde.




La structure de la chanson est à la fois simple et originale :
2 couplets-refrain-couplet-refrain-passage onomatopées-couplet-bourdon (35 minutes). En général, une chanson à refrain se termine sur celui-ci ; or Camille finit, elle, sur un couplet.

La ligne musicale découpe le texte en une succession de formules courtes, renforçant la part mystérieuse de la chanson. Le changement de registre (je suis dedans) crée une sensation de surprise, rompant la (relative) monotonie mélodique du couplet.
La chanson est en si majeur (bourdon = si).

L’accompagnement (human beatbox sur bourdon) participe activement à l’étrangeté de l’atmosphère. A la fois percussion et ligne de basse, les effets sonores réalisés à la voix sont par la suite devenus une marque de fabrique de Camille, puisqu’ils sont très largement utilisés dans son dernier album (Music Hole, avril 2008).
Un des maitres du genre (son modèle ?) est Bobby McFerrin.