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Jazz & musique classique


A New York, où l’on prit goût au saxophone, ce fut la grande époque du big band. Apparurent les « arrangeurs », comme Fletcher Henderson. L’entre-deux-guerres vit se multiplier les orchestres (Count Basie, Cab Calloway, Duke Ellington, Chick Webb…), tandis que s’imposaient de brillants solistes (Sydney Bechet, Benny Carter, Coleman Hawkins, Gene Krupa, Art Tatum, Fats Waller, Lester Young…). Le jazz était alors musique de danse animant les clubs, souvent tenus par des mobsters (voyous).
On vivait l’époque du « swing craze », de la folie du swing, dont Benny Goodman passait pour être le roi. Le swing correspondait à une évolution rythmique : 2 temps forts (1er et 3ème ) et 2 temps accentués (2ème  et 4ème), c’est à dire à un déplacement de l’accentuation.
Ce fut l’heure de gloire du jazz. Ni noir ni blanc (mais les musiciens se mélangeaient rarement et lorsque Benny Goodman engagea Teddy Wilson, musicien noir, il suscita l’étonnement…), le jazz se répandit aux Etats-Unis et en Europe, pour le plus grand profit des blancs… A preuve, Paul Whitman et son jazz « symphonique » , qui fit fortune, ou George Gershwin, accommodant la musique européenne à la sauce jazzy (« Rhapsodie in blue »). Les compositeurs européens (Milhaud, Ravel, Stravinsky…) s’intéressèrent au jazz, de même que les auteurs de chansons, Charles Trenet par exemple. Il y eut aussi des jazzmen européens, comme le guitariste Django Reinhardt.



Les spécialistes du jazz, eux, ont porté des coups au Cool jazz en en critiquant la froideur, le cérébralisme, la complaisance.
Pour en finir avec ces idées fausses, écoutez par exemple les albums de Miles Davis, période Cool, joyaux d’expression et de sensibilité musicales. Ensuite, passez aux autres musiciens en décidant que vous vous reposez les oreilles de la verve du Be bop dont vous vous êtes gorgé les oreilles. 
Vous retrouverez exactement le goût que les musiciens et amateurs de jazz éprouvèrent pour la musique insouciante des années 48 à 54, et peu importe les connotations que véhiculent le vibraphone ou le cor d’harmonie ! Délectez-vous de l’intéressante intrusion dans le jazz d’instruments classiques, et savourez les arrangements magistraux d’un Gil Evans “revisitant” les grands classiques (dans tous les sens du terme, puisque les orchestrations d’Evans sont aussi bien des arrangements de standards de jazz, que l’adaptation d’un concerto de Rodrigo ou, plus tard, des variations sur la musique de Jimi Hendrix).





NB : l’attirance de certains musiciens de Cool jazz pour la musique classique donna lieu à des arrangements (par exemple le Concierto de Aranjuez, de Rodrigo, écrit pour guitare et orchestre classique, adapté pour Miles Davis par l’arrangeur Gil Evans) ou à des compositions, tandis qu’inversement, quelques musiciens classiques se mettaient au jazz symphonique (par exemple l’Ebony Concerto du compositeur classique Igor Stravinski, écrit pour le clarinettiste Woody Herman), etc...




Ce mouvement fut nommé “Third stream” ou “Troisième courant”. 

Une remarquable anthologie, malheureusement non éditée en CD, permet d’entendre une pléiade de musiciens ayant contribué au Third stream : Charles Mingus, Duke Ellington, Lennie Tristano, John Lewis, Stan Kenton, Jeanne Lee, Ran Blake, George Russell, Bill Evans, Woody Herman... (Il s’agit du disque “Mirage : avant-garde & Third stream jazz, 1946-1961”).

http://www.discogs.com/Various-Mirage-Avant-Garde-And-Third-Stream-Jazz/release/2993469


http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Whiteman
http://fr.wikipedia.org/wiki/Third_stream