#edmus search

Avishai Cohen - Aurora


Aurora, album « Aurora »




L'HOMME

Né le 20 avril 1971 à Naharia, le contrebassiste israélien Avishai Cohen a débuté ses études musicales par le piano à l'Académie de musique et arts de Jérusalem. A quatorze ans, il se met à la basse électrique lorsqu'il découvre Jaco Pastorius et Stanley Clarke. Il fait ses armes durant deux ans dans un orchestre militaire de Tel Aviv avant de partir s'installer à New York, en 1992, où il étudiera à la New School et au Mannes College of Music, y faisant la connaissance du percussionniste Adam Cruz et du pianiste Brad Mehldau.

Si les premiers temps y sont difficiles, Avishai Cohen se fait vite une place dans des orchestres de musiques latines, avec notamment le pianiste panaméen Danilo Perez (Panamonk, 1996). Il fonde son premier ensemble et s'y fait remarquer par Chick Corea qui l'intègre dans son groupe Origin. Cette fabuleuse expérience formatrice lui fait parcourir le monde et rencontrer de nombreux musiciens aux côtés desquels il jouera par la suite : Bobby McFerrin, Alicia Keys, Claudia Acuna, Roy Hargrove, Paquito D'Rivera, Nnenna Freelon ou Herbie Hancock. Il se produira également avec les orchestres philharmoniques de Londres et d'Israël, et le Boston Pops Symphony.

Parmi les enregistrements du groupe Chick Corea & Origin, Avishai Cohen s'est illustré sur le Live at the Blue Note (1997) et Change (1999). De même le pianiste l'invite-t-il sur ses disques solos, avec Corea Concerto (2000), Originations (2000), ou Past Present & Futures (2001) réalisé avec son New Trio.

Sous le label de Chick Corea, Stretch Records, Avishai Cohen réalise un brillant premier album en tant que leader, Adama (1998), mêlant les influences musicales moyen-orientales, espagnoles et latines au jazz traditionnel, en compagnie des batteurs et percussionnistes Jeff Ballard, Don Alias et Jordy Rossi, du guitariste Amos Hoffman et de la chanteuse Claudia Acuna. Il invite également son mentor aux Fender Rhodes, ou Jason Lindner, Danilo Perez, Brad Mehldau, Steve Wilson et Steve Davis.

Son deuxième album, Devotion (1999), propose des compositions très mélodiques et influencées par des musiques traditionnelles israéliennes et arabes. Le contrebassiste et compositeur poursuit cette exploration entre jazz pur et musiques du monde sur le remarqué Colors (2000). Avec The International Vamp Band qui réunit le tromboniste Avi Lebovich, le saxophoniste Yosvany Terry, le trompettiste Diego Urcola, le contrebassiste Yagil Baras et le batteur Antonio Sanchez, il sort Unity (2001), où il s'illustre cette fois à la basse électrique et au piano, et trouve un terrain propice à l'expérimentation.

En 2003, Avishai Cohen fonde son propre label, Razdaz Records, afin de prendre une certaine indépendance en matière de créativité, tout en mûrissant ses expérimentations au fil de rencontres et de nombreuses collaborations. Premier album sorti sous ce label, Lyla (2003) explore des territoires variés, jusqu'à des styles plus funk et pop, s'exprimant également au piano solo (« Structure in Emotion »), au chant, ou dans une étonnante reprise du fameux « Come Together » (1969) des Beatles.

Ayant formé son trio avec le pianiste Sam Barsh et le batteur Mark Guilliana, Avishai Cohen sort At Home (2005) puis Continuo (2006). Après un enregistrement public, As Is... Live at the Blue Note (2007), il accueille le jeune pianiste israélien Shai Maestro dans son trio. La formation remaniée s'illustre avec Gently Disturbed (2008).

Sorti sous le prestigieux label Blue Note, Aurora (mars 2009) présente un contrebassiste utilisant davantage le chant pour s'exprimer, en anglais, hébreu ou ladino, telle sa musique nomade. Le remarquable Seven Seas qui suit en février 2011, vivement salué par la critique, diffuse une atmosphère onirique appuyée par les vocalistes Karen Malka et Jenny Nilsson. L'album Duende paru au printemps 2012 voit la collaboration du pianiste Nitay Hershkovits, musicien de formation classique rencontré dans un bar.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Avishai_Cohen

http://www.avishaicohen.fr




Avishai Cohen : "Toutes les musiques sont en moi" par LeNouvelObservateur



L'OEUVRE







http://www.discogs.com/Avishai-Cohen-Aurora/release/2760868

Les musiciens de l'album :

Contrebasse et basse électrique : Avishai Cohen
Flugelhorn et trompette : Stephane Belmondo
Flûte : Lionel Belmondo
Oud : Amos Hoffman
Percussion : Itamar Doari
Piano : Avishai Cohen, Shai Maestro
Piano [Wurlitzer] : Shai Maestro
Voix : Avishai Cohen, Karen Malka

Enregistré du 8 au 12 décembre 2008 au Studio de Meudon (France)
Mixé entre le 5 et 9 janvier 2009 au studio Seven Seas, New York City, USA
Masterisé le 15 janvier 2009 aux studios Sony/BMG Mastering, New York City, USA



Critiques du disque :

On plaint sincèrement ceux qui, passé le cap de la trentaine ou de la quarantaine, vivent dans la hantise de vieillir et s'accrochent comme des naufragés aux derniers reliefs de leur jeunesse. Otages d'un passé transformé en objet de fétichisme, ils se privent d'un des grands privilèges que l'existence réserve aux hommes : l'expérience. L'expérience n'est pas un fardeau : par ce qu'elle enseigne autant que par ce qu'elle aide à oublier, elle contribue à alléger le bagage d'une vie, à le vider de tout ce qui le chargeait inutilement. Prendre de l'âge, c'est aussi perdre du lest, abandonner des parties de soi pour se retrouver au seuil d'un nouveau départ. Voilà, résumée en quelques mots, la teneur du nouvel album d'Avishai Cohen, Aurora. Un disque où le contrebassiste et compositeur israélien, tournant une page essentielle de son histoire et éclaircissant radicalement son langage, retrouve la fraîcheur des commencements. Aujourd'hui âgé de 39 ans, Cohen avait pourtant de bonnes raisons de ne pas se remettre en question. Débarquant il y a une quinzaine d'années à New York, avec pour tout CV une solide formation classique et une passion immodérée pour le jazz, il a connu des débuts grisants et vite couronnés de succès. Engagé dans le trio du pianiste Danilo Pérez, qui lui a permis d'assouvir son goût pour les musiques latines, il a aussi été repéré par Chick Corea, qui l'a intégré dans son groupe Origin et a accueilli sur son label Stretch ses premiers disques en tant que leader. Homme de main de gros poissons du jazz (Herbie Hancock, Bobby McFerrin, Paquito D'Rivera...) également infiltré dans les milieux rock ou classique, Cohen a néanmoins cultivé son indépendance en créant sa propre structure, Razdaz Records, sur laquelle il a notamment gravé plusieurs disques en trio. A la basse, à la contrebasse ou au piano, il s'est forgé une réputation de surdoué passe-partout, cédant sans réserve – et parfois avec un brin d'ostentation – à l'ivresse des mélanges. "Quand on a appris à maîtriser plusieurs styles, on peut vite être dépassé par ses ambitions, reconnaît-il. On se sent tellement capable et versatile qu'on est souvent amené à surcharger son propos. Je ne renie rien de ce que j'ai fait. Mais en enregistrant Aurora, je me suis aperçu que, dans mon écriture comme dans mon jeu, j'avais retranché énormément de choses. Pour moi, c'est un accomplissement."

Il y a quelques années, Avishai Cohen a entendu une voix qui lui a soufflé le secret de la concision et de la justesse. Cette voix, dont on entend le beau timbre voilé dans Aurora, c'était la sienne : du jour où il a osé la faire résonner, sa relation à la musique a été bouleversée. "Pendant des années, j'ai été dans l'exploration des instruments et des langages musicaux, j'étais dans une débauche permanente d'énergie et de sons. Mais quand je me suis mis à chanter, j'ai compris que, pour ne pas perdre l'effet réel de la voix, il valait mieux ne pas trop en rajouter." Portées par l'association contrebasse-piano-oud-percussions, traversées par les souffles des frères Belmondo et les chœurs de Karen Malka, les compositions d'Aurora flottent majestueusement entre jazz, classique, musiques du Moyen-Orient, pop et rythmes latins. Mais elles trouvent aussi un point d'ancrage dans le chant multilingue (anglais, hébreu, espagnol, ladino) d'Avishai Cohen qui, pour la première fois peut-être, touche à l'essence même de son être. "Grâce à ce disque, j'arrive dans ma musique à un niveau d'intimité et de partage que je ne m'imaginais pas atteindre un jour. Aurora est une fenêtre ouverte sur mon âme."

Richard Robert,



Vous connaissiez Avishaï Cohen contrebassiste et pianiste ? Sur ce bel album, signé chez le prestigieux label Blue Note, l’un des fleurons du jazz actuel place sa voix au centre d’un itinéraire qui emprunte le retour aux sources de son pays, l’Israël. En hébreu, ladino ou anglais, son chant pudique, doté dune instrumentation inattendue (oud, percussions, contrebasse, churs, piano) et épaulé de l’art des Belmondo (guests), construit un territoire aux confins du swing et de la Méditerranée. Exit les tensions jazzistiques : irisé d’épices orientales et flamencos, Aurora s’écoute comme un éveil des sens, un matin apaisé aux harmonies délicates, un tempo interne alangui et fluctuant qui rayonne vers d’autres sphères. Une divagation généreuse et envoûtante.




Aurora n'est en aucun cas un album facile à classer. Au risque de simplifier les choses, on pourrait la décrire comme la rencontre du jazz mondial, du post-bop et de la pop alternative adulte. Avishai Cohen joue du clavier, du piano et de la basse acoustique et électrique, et chante dans quatre langues (hébreu, anglais, ladino - la langue des juifs sépharades d’Espagne – et en espagnol, sur un album où dominent les chansons originales, mais qui contient également quelques chansons juives traditionnelles. Cohen semble savoir exactement ce qu'il fait, et il atteint son but. Évidemment, cet album n'a pas été conçu pour les puristes du jazz, mais les auditeurs éclectiques découvriront qu’Aurora est un ajout précieux au catalogue de Cohen.

Alex Henderson (Rovi)



Avishai Cohen - LIVE @ Cully Jazz (Suisse/Switzerland) - 2011 :