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Années 60’ : l’aporie ?


A partir des années 1960, le jazz subit le même sort que la musique savante au début du XXème siècle : la remise en question du système tonal qui était la « norme » jusqu’ici. Le free-jazz adoptera l’atonalité, la « pantonalité », se détachera de son public qui ne comprendra plus cette musique devenue trop intellectuelle et frisera le conceptuel (Ornette Coleman et son système harmolodique en est un exemple), le spirituel, le mysticisme parfois (Sun Ra et sa philosophie cosmique). L'art est défini non par les propriétés esthétiques des objets ou des œuvres, mais seulement par le concept ou l'idée de l’art.


Sun Ra - Space is the place from nikkojazz on Vimeo.

Ce phénomène est étroitement lié au contexte socio-politique (mouvement libertaire, rejet de l’académisme, refus du monde tel qu’il est : contre-culture naissante…).

Parallèlement, certains jazzmen ouvrent de nouvelles voies à la création, comme Bartok en son temps, en s’inspirant des autres musiques. L’exemple le plus probant de ces fusions musicales est sans doute l’émergence du latin-jazz après les années 1950 (Dizzy Gillespie invente le cubop : mélange de bebop et musique cubaine !).

Dans cette perspective, Miles Davis joua aussi un rôle décisif dans l’évolution du jazz après 1960. Il s’intéressa à tous les genres pour y puiser son inspiration. A qui disait ce n’est pas du jazz, il répondait : « c’est de la musique, j’aime ça ! ». Ainsi naquit le jazz-rock (ou fusion) aux alentours de 1970 dont Miles en sera un des initiateurs (In a Silent Way, 1969, suivi de Bitches Brew, 1970… jusqu’à Tutu en 1986).