La contrebasse est l'instrument le plus grave de la famille des cordes. Elle mesure près de 1,90 mètre : on en joue debout, ou assis sur un haut tabouret. Contrairement aux autres membres de la famille, elle a des "épaules" tombantes.
Elle renforce souvent les violoncelles dans l'orchestre en étant jouée à l'octave inférieure.
HISTOIRE
Renaissance-baroque : XVIe-XVIIe siècle
Issue du ”violone”, instrument le plus grave de la famille des violes de gambe, la contrebasse apparaît en Allemagne vers 1568. Elle entre dans "Les Violons du Roi" un siècle plus tard.
Classicisme-romantisme : XVIIIe-XIXe siècle
Au début du XVIIIe siècle, l'Opéra de Paris possède une contrebasse qui n'est utilisée que le vendredi “jour de grand spectacle”.
A la fin du XVIIIe et au XIXe siècle, les premiers concertos (de Haydn, de Stamitz et d'autres compositeurs) mettent en évidence la virtuosité des interprètes.
Temps modernes : XXe siècle
Instrument au modeste répertoire soliste, la contrebasse est cependant très présente dans la musique de jazz, où elle marque admirablement le tempo par ses pizzicati (corde pincée avec le doigt).
Article de Madamemusique :
Alto de Louis Guersan (paris, 1753) et contrebasse de Jacques Lafleur (paris, fin du XVIIIe siècle), Musée instrumental du C.N.S.M.
La contrebasse est le plus gros, le plus grave des instruments à cordes et à archet. Employée dans l’orchestre symphonique pour la puissance de sa sonorité et le poids qu’elle donne au fondement harmonique, elle est aussi très connue des formations de Jazz ou de variétés dont elle dynamise le rythme grâce à ses célèbres pizzicati.
Elle est le seul survivant de la famille des gambes, comme le rappellent sa carrure affinée à la partie supérieure, le pan coupé qui existe parfois au sommet de son dos et son accord par quartes.
Au XVIe siècle, on ne parle que de la contrebasse de viole ou violone (Agricola, 1528). Quelques spécimens existent encore dans les musées (violone de Linarol, 1585, Kunsthistorisches Museum, Vienne,).
Mais au XVIIe siècle, il y a bien deux modèles, l’un pour les violes, l’autre pour les violons (Praetorius, De Organographia, 1614-1619). La première possède 6 cordes, un profil affiné au sommet de la caisse, un accord par quartes et tierce ; la seconde 3 ou 4 cordes accordées en quintes ou quartes et une carrure plus large. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, ces deux types vont coexister, avec nombre de cordes et accords différents. La Méthode pour apprendre à jouer de la contrebasse à 3, à 4 et à 5 cordes de Corrette (1773) et l’éclectisme des peintres illustrent cette incertitude.
Admis par Lully à l’opéra, l’instrument va attirer l’attention dès le début du XVIIIe siècle. Successivement Marais, Matho et Rameau lui confient un rôle dramatique dans les « tempestes, bruits souterrains et invocations ».
Cependant, quelques solistes commencent à apparaître. En 1690, Giovannino del Violone écrit les premières sonates conservées (Bodleian Library, Oxford). Puis Sperger, membre de l’orchestre du comte Esterhazy, qui se fait remarquer par Haydn, ou Pischelberger, pour qui Mozart écrira l’accompagnement de l’air pour basse vocale Per questa Bella mano (K 612, 1791). Enfin J. Kämpfer et surtout Dragonetti (1763-1846).
Valse n° 1 de Domenico Dragonetti op 1
A partir de 1765, on assiste à une véritable éclosion de concertos pour contrebasse, de Haydn, Hoffmeister, Zimmerman ou Von Dittersdorf. Peu après, en musique de chambre, Rossini, Boccherini, Schubert ou Beethoven inclueront ce nouveau partenaire. La grosse contrebasse de violon, ne permettant pas l’exécution de pareilles œuvres, est abandonnée pour la contrebasse de viole.
Au milieu du XIXe siècle, justesse, puissance et qualité sonore semblent acquises. Il reste à accroître l’agilité. Ce sera l’œuvre de Bottesini (1821-1889). Parmi de nombreuses pièces, sa Méthode complète, avec l’étude des arpèges et harmoniques donne la clef de la virtuosité.
Bottesini: Concerto No. 2 - Catalin Rotaru, 1er mvt. duConcerto No. 2 interprété par Catalin Rotaru
Rossini: Duo pour violoncelle et contrebasse en ré majeur I Allegro, Gioacchino Rossini (1792-1868) , Une Larme - Ensemble Explorations: Roel Dieltiens, cello; Love Persson, contrebasse
Au début du XXe siècle, Koussevitsky (1874-1951) annexe au répertoire de la contrebasse de nombreuses œuvres écrites pour violoncelle, et compose un concerto à son intention (1905).
Koussevitzky, Concerto pour contrebasse et orchestre, 2nd mouvement parFrançois Péloquin et l'Ensemble Sinfonia
Description
La contrebasse n’est pas encore complètement standardisée. Il existe certaines constantes : un manche plus court que celui des autres instruments à archet (42-43 cm), une barre d’harmonie plus longue pour soutenir les graves, une large plaque de bois au milieu du dos, sur laquelle l’âme prend appui, des chevilles métalliques maintenues par un système à crémaillère. Mais taille, forme, nombre de cordes, accord et archet restent variables.
L’instrument de concert est relativement petit. Ses proportions rappellent celles du violone de Praetorius. Celui de l’orchestre est plus grand, tout en restant très loin de l’ancienne contrebasse de violon. Tentative extrême et sans lendemain : l’octobasse, construite par Vuillaume en 1851, un géant à 3 cordes de presque 4 mètres de haut.
Construite vers 1850, deux fois plus grande qu’une contrebasse, l’octobasse possède trois cordes accordées en quintes : do-sol-do. Sept doigts d’acier se posent sur les frettes de la touche, actionnés par des pédales et des manettes situées au bas du manche. Musée instrumental du C.N.S.M
Pas de norme non plus pour la forme : le pan coupé à la partie supérieure n’est pas plus obligatoire que l’absence de voûtes des tables ; ni pour le nombre des cordes : quatre en général, parfois cinq. Longtemps ajoutée au grave, cette cinquième corde est maintenant transférée à l’aigu pour faciliter la virtuosité. Les accords sont donc multiples et peuvent aussi varier en fonction de l’œuvre. Enfin, on rencontre deux types d’archet et donc deux techniques différentes : un modèle proche du violoncelle, mais plus court et plus lourd, appuyé sur les cordes, popularisé par Dragonetti. Il reste employé en France, en Italie, en Angleterre ;
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